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Tôt le matin du 1er décembre 2005, Mohamed Anas Bennis, un Canadien d'origine marocaine âgé de 25 ans, rentrait chez lui après la prière matinale à la mosquée du quartier Côte-des-Neiges quand il a été atteint de deux balles tirées par l'agent Yannick Bernier qui était accompagné par l'agent Jonathan Roy. La mort d'Anas a été constatée à son arrivée à l'hôpital.

La police affirme qu'Anas les a attaqués sans raison avec un couteau de cuisine. Pourtant, la famille et les amis d'Anas trouvent cela dur à croire. Ils sont frustrés par l'attitude des autorités qui refusent de rendre les preuves accessibles, dont une vidéo de l'incident.

Le 7 janvier 2006, malgré le froid, environ 4500 personnes ont participé à une manifestation pour demander une enquête publique dans la mort d'Anas.

Le 4 novembre 2006, un procureur de la couronne décidait qu'aucune accusation criminelle ne serait déposée contre les policiers, tout en refusant de fournir une copie écrite de son rapport à la famille Bennis.

En juin 2008, la coroner en chef du Québec, Louise Nolet, a annoncé qu'elle avait ordonné la tenue d'une enquête publique du coroner sur la mort d'Anas. Malgré que ceci ne soit pas une enquête complète et indépendante comme la Coalition Justice pour Anas demandait depuis sa formation en janvier 2007, elle fut accueillie comme une victoire importante, bien que partielle. La décision d'ordonner une enquête publique est certainement le résultat de la campagne de pressions publiques menée par la Coalition Justice pour Anas, dont les revendications ont été endossées par plus de 30 organisations.

Pourtant, en août 2008, la Fraternité de Policiers et Policières de Montréal a déposé une requête contre Louise Nolet et la coroner Catherine Rudel-Tessier (qui devait présider l'enquête publique) dans le but de faire annuler cette enquête publique. La Fraternité allègue que toutes les réponses aux questions de la famille ont déjà été données. Pourtant, jusqu'à maintenant la famille n'a toujours pas reçu de réponse à plusieurs questions: pourquoi est-ce que le couteau qu'Anas aurait soi-disant utilisé (d'après la version policière de l'événement) n'a jamais été montré ni subi d'expertise? Pourquoi est-ce que la vidéo de la scène n'a jamais été rendu publique? Pourquoi est-ce que les agents Bernier et Roy n'ont jamais eu à témoigner publiquement et n'ont jamais été contre-interrogés sur leurs versions des faits? La Fraternité allègue aussi scandaleusement que l'enquête publique n'est que de "l'acharnement procédural" contre l'agent Bernier.

De plus, la Fraternité des Policiers a obtenu tous les rapports de l'enquête menée par police de Québec ainsi que la décision du Procureur de la Couronne. L'accès à ces documents avait jusque là été refusé au public et à la famille Bennis par les autorités responsables - notamment le Ministre de la Sécurité Publique M. Jacques Dupuis - sous prétexte que ces derniers demeuraient "confidentiels". Si ces documents sont confidentiels, comment la Fraternité des Policiers de Montréal en a-t-elle non seulement obtenu les copies, mais les a soumis comme éléments de sa motion en vue d'annuler l'enquête du coroner?

Les audiences devaient initialement avoir lieu en janvier 2009, mais ont été reportée à juin 2009, probablement parce que la Fraternité devait expliquer comment elle avait obtenu les documents supposément "confidentiels" mentionnés plus haut. Les audiences devaient alors reprendre en janvier 2010, mais ont de nouveau été reportées. Elles sont maintenant prévues pour le 11 mai 2010.

Cette action de la Fraternité ajoute simplement encore des questions pour la famille Bennis et révèle le manque de bonne foi et de transparence des policiers. Il faut noter que c'est la même Fraternité qui a déposé une requête similaire pour empêcher une enquête du coroner sur la mort de Michel Berniquez (tué durant une intervention policière brutale à Montréal-Nord en 2003). Le 5 mai, 2010, le Cour d’Appel du Québec vient de statuer qu’il devrait y avoir une enquête publique dans ce dossier, plus de sept ans après les faits. C’est aussi la même Fraternité dont le président, Yves Francoeur, a déclaré que l'agent Jean-Loup Lapointe (qui a tué Fredy Villanueva le 9 août 2008) a "bien fait son travail".

Aujourd'hui, plus de quatre ans plus tard, la famille Bennis et le public ne savent toujours pas pourquoi Anas, qui était décrit comme une personne sensible et tranquille, a été tué par la police de Montréal ce matin là. La famille Bennis n'a reçu que du manque de respect et du mépris de la part des organismes du gouvernement dans leurs multiples démarches pour avoir accès à la vérité. Un troublant voile de secret continue d'entourer les circonstances de la mort d'Anas. Depuis trois années maintenant, la famille Bennis et la Coalition Justice pour Anas demandent une enquête complète, publique et indépendante sur la mort d'Anas.

La Coalition Justice pour Anas, formée en 2007 avec la direction de la famile Bennis, continue de demander:

  1. l'accès immédiat à tous les rapports, preuves et informations concernant la mort de Mohamed Anas Bennis pour la famille Bennis et le public;
  2. une enquête publique et indépendante complète sur la mort de Mohamed Anas Bennis;
  3. la fin de l'impunité et de la brutalité policière.
Joignez-vous à nous pour nous soutenir, organiser et mobiliser pour la justice.


La Coalition Justice pour Anas
Tél: 514-342-2111
Courriel: justicepouranas@gmail.com